Archives par mot-clé : Genève

Helvetica esoterica : la lumière de la nature

archidoxesPortrait de Nicolas Barnaud et le déchiffrage de la pierre de Bologne avec son historique. De nombreux érudits, alchimistes pour la plupart, se sont penchés dès le XVIe siècle sur le texte en espérant y trouver une signification : Richard White de Basinstoke, Ioannes Turris de Brugge, Nicolas Reusner, Franciscus Scottus d’ Anvers, Ulisse Aldrovandi en particulier Athanasius Kircher mais l’interprétation qui eut le plus de retentissement est celle de Nicolas Barnaud.

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Passage obligé entre l’Italie et l’Allemagne, la Suisse a depuis longtemps pu bénéficier des apports culturels en provenance des universités allemandes et italiennes comme Bologne ou Venise, Munich ou Bâle. D’où ce foisonnement de doctrines et de systèmes allant de l’Alchimie à la Théosophie, de Paracelse à Rudolf Steiner, mais C.G Jung et Schwaller de Lubicz pour ne citer que les plus connus. La Suisse fut aussi un haut lieu des communautés Rose Croix étant reliée directement à leur terre natale souabe. Dans ce cahier (offert avec les deux cahiers Friedrich Herbort, une étude complète de l’énigme dite de Bologne analysée par l’alchimiste Nicolas Barnaud)

La Suisse, creuset de l’Europe

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La Suisse, on l’a oublié,  fut avec la Sarre, le véritable creuset des idées européennes alliant tout l’arc en ciel des modèles possibles allant de l’Européeisme à la PAN-Europa. Différents hommes jouèrent un grand rôle après guerre pour son élaboration et considérèrent la Suisse comme le laboratoire expériemental, c’est ce que nous abordons au travers de ces deux cahiers : « L’esprit de Caux » avec Franck Buchman et Richard Coudenhove-Kalergi et puis Gonzague de Reynold que l’on a longtemps considéré comme le « Charles Maurras » Suisse et qui nous a laissé une oeuvre importante qu’il convient à présent de redécouvrir. Nous ouvrons cette introduction avec Richard Coudenhove Kalergi, le pochain article nous permettra de faire connaissance avec Franck Buchman, une autre grande figure.

Richard Coudenhove-Kalergi et la « PanEurope »

Les  origines – mal connues – de l’actuelle UE…

L’dée d’Europe n’est pas nouvelle. Après la première Guerre mondiale, certaines personnes appellent à bâtir une Europe différente de celle instaurée par les traités de paix. Parmi ceux qui formulent des projets européistes à cette époque, un personnage singulier : Richard Coudenhove-Kalergi.

arl_cauxLe comte Richard Coudenhove-Kalergi est une personnalité cosmopolite : né à Tokyo en 1894 d’une mère japonaise et d’un père diplomate austro-hongrois originaire d’une noblesse à la fois tchèque, grecque – descendant de la famille des Kalergi – et néerlandaise – descendant de la famille des Coudenhove –, il a été élevé en Bohème allemande puis à Vienne, la capitale cosmopolite de l’empire d’Autriche-Hongrie. Il a des cousins de différentes nationalités, balte, française, italienne et norvégienne. Enfin, il adopte la nationalité tchèque en 1919 puis la nationalité française en 1939. Il est mort en 1972.

Certains lui attribuent l’idée du choix (dès 1929) de l’ « Ode à la Joie » pour l’actuel hymne européen ainsi que l’idée géniale (dès 1930 !) d’une « Fête de l’Europe » qui serait célébrée au mois de mai. Et on croit même pouvoir lui attribuer l’idée (en 1947) d’un « timbre-poste » européen unique.

On dit également de lui qu’il aura eu une influence « historique » décisive sur Gustav Stresemann et Aristide Briand, sur Jean Monnet et Robert Schuman, sur de Gaulle et Konrad Adenauer ; dans la formation du Benelux, dans la réconciliation franco-allemande et dans les tous premiers pas de la construction européenne. A ce titre, il est donc le moins bien connu des « Pères de l’Europe »…

Qui est donc Richard Coudenhove-Kalergi ?

Aristocrate austro-hongrois cosmopolite, né à Tokyo (en 1894), polyglotte, le Comte Richard Niklaus Coudenhove-Kalergi (1894-1972) est le fils d’un diplomate austro-hongrois (Comte de Saint-Empire – germanophone de Bohême – aux ascendances « flamando-brabançonnes » et « italo-vénéto-créto-byzantines », notamment liées [1] à la famille impériale de Constantinople…) et d’une aristocrate japonaise issue d’une très respectable famille de samouraïs renommés, Mitsuko Aoyama.

Un héritage multiculturel familial qui fit même dire de lui  qu’il était bien – en pratique – « une organisation Pan-Européenne à lui seul ». Héritage renforcé par l’éducation qu’il reçut, notamment de la part d’un père diplomate (à Athènes, à Constantinople, Rio de Janeiro et Tokyo), polyglotte (puisque maîtrisant jusqu’à seize langues différentes !) et intellectuel de très haute volée (Ecrivain essayiste), politiquement engagé (notamment contre l’antisémitisme).

Le jeune Coudenhove-Kalergi poursuivit (entre 1908 et 1913) sa formation intellectuelle à la « Theresianische Akademie » (ou « Theresianum ») de Vienne : cadre d’études intellectuel et cosmopolite qui lui permit de fréquenter ainsi les jeunes élites issues de toutes les nationalités de l’Empire des Habsbourg. Enfin en 1917, marchant sur les pas de son père, il décrochait son doctorat en philosophie en présentant une thèse sur « Die Objectivität als Grundprinzip der Moral » (i. e : « De l’Objectivité comme Principe fondamental de la Morale »).

Un intellectuel face aux nationalismes

A la fin de la « Grande Guerre », tirant les effroyables leçons de ce premier conflit mondial (alors même que la disparition de l’Empire multinational des Habsbourg laisse le champ libre au déchaînement des nationalismes…), ouvert à toutes les influences d’un siècle de révolutions et de bouleversements, Coudenhove-Kalergi sera l’un des tous premiers hérauts de l’idée européenne.

Ainsi, inquiet devant la montée des nationalismes et par le cloisonnement de l’Europe centrale en États désormais rivaux, ainsi que par le « déclassement international » de grandes puissances européennes désormais exsangues (et concurrencées par de nouvelles puissances émergentes : États-Unis, Russie, Japon, Chine…), il lance (en 1922) son premier « Appel à constituer l’unité européenne », publie (en octobre 1923) son célèbre manifeste « PanEuropa » et fonde (en 1924) une association : le « Mouvement Pan-Europe ».

Son message, perçu dès l’Entre-deux-guerres par de nombreux intellectuels européen (qui lui témoignèrent leur soutien), est le suivant (à lire dans le contexte de l’époque) : face au risque d’autodestruction que ferait courir une nouvelle guerre mondiale nécessairement plus destructrice encore, face à la concurrence américaine et face au danger russe (i. e : soviétique…), face au développement des nouvelles puissances de l’Asie orientale, l’Europe fragilisée et dangereusement fragmentée en États décidément ennemis n’aurait finalement pas d’autre choix que de s’unir.

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L’ésotérisme en Suisse : naissance de la Franc-Maçonnerie (3)

Quand le Canton de Vaud mène la danse, la nouvelle lumière révolutionnaire se lève à l’occident !

fm_suisseEn abattant la Franc-Maçonnerie, les seigneurs de Berne pensaient empêcher l’élite intellectuelle qui en faisait partie d’y propager les nouvelles idées révolutionnaires. Mais c’était sans compter sur la ténacité et l’ascendant de Maçons tels que Frédéric-César de La Harpe, Pierre-Maurice Glayre (ancien conseiller du roi de Pologne) et bien d’autres encore. Dès 1789, les idées révolutionnaires se propagent dans le pays à une rapidité incroyable par le biais de libelles et de journaux publiés par des Maçons, comme, par exemple, le Projet d’une Déclaration des Droits de l’Homme et des Citoyens, ou les Lettres de Philanthropus sur une révolution arrivée dans le canton de Berne, de Frédéric-César de La Harpe. Berne ne tarde pas à réagir et condamne nombre de Francs-maçons. Mais l’arrêté du 18 décembre 1797 du Directoire Exécutif français, qui rendait les gouvernements de Berne et de Fribourg responsables de la sécurité individuelle et des propriétés des habitants du Pays de Vaud, allait redonner force et vigueur à la Franc-Maçonnerie.

republique_helvetiqueDans la nuit du 23 au 24 janvier 1798, est distribuée la brochure écrite à Paris par Frédéric-César de La Harpe et intitulée Instructions pour l’Assemblée Représentative de la République lémanique, engageant les villes et les communes du Pays de Vaud à proclamer leur indépendance, à se constituer en République lémanique et à nommer une Assemblée représentative. Le 27 janvier, l’Assemblée provisoire, présidée par Pierre-Maurice Glayre, délègue des députés à Paris pour exprimer au Directoire la reconnaissance du Pays de Vaud et offrir à Frédéric-César de La Harpe la représentation du futur gouvernement vaudois à Paris. L’indépendance vaudoise avait rendu à la Franc-Maçonnerie sa liberté d’action. La vie maçonnique reprit rapidement son cours. A Neuchâtel, principauté prussienne, la loge Aux Trois Etoiles Flamboyantes s’éteint rapidement. C’est de la petite ville du Locle que renaîtra une Franc-Maçonnerie durable dans la principauté. Fondée le 22 octobre 1774, sous le titre Les Vrais Frères Unis, cette nouvelle loge réunira des Maçons émanant de la ville de Neuchâtel et du Littoral, ainsi que de la ville voisine de La Chaux-de-Fonds (qui n’était alors encore qu’un gros village). Elle évoluera sans trop d’histoires sous l’égide irrégulière de la Grande Loge de France, puis, régulière cette fois, du Grand Orient de France, dès 1780, par l’entremise de la loge de Besançon. Elle passera sous l’égide de la Grande Loge Aux Trois Globes de Berlin quand le Grand Orient de France suspendra ses activités durant la Révolution, en 1793. A cette même époque, Les Vrais Frères Unis durent eux aussi suspendre leurs activités jusqu’en octobre 1796.

Peu après la fondation de la loge locloise, il y aurait eu la création d’une seconde loge en ville de Neuchâtel, mais de très courte durée, si l’on en croit les Mémoires de l’Imprimeur du Roi, Abram-Louis Fauche-Borel :  » Je fus un de ceux qui fondèrent à Neuchâtel une loge affiliée à celle qui venait de s’établir au Locle. Elle fut fermée dans la suite, parce qu’il s’y était introduit des hommes qui s’occupaient de politique, ce qui était contraire aux règlements en vertu desquels aucune discussion de ce genre ne devait avoir lieu. » A cette époque qui précédait de peu la Révolution française, les esprits étaient surchauffés comme partout en Suisse par les idées nouvelles. C’est dans ce climat politique fait d’un mélange de tension, d’angoisse, d’attente et de curiosité qu’allait naître en mars 1791, sous le titre Frédéric-Guillaume La Bonne Harmonie, la première loge de Neuchâtel appelée à durer. Les francs-maçons de la ville et du Littoral qui, pour la plupart, se réunissaient habituellement au Locle, quittèrent leurs frères loclois pour la nouvelle loge neuchâteloise. Celle-ci, forte déjà de 14 membres, procéda à sa première initiation le 12 mai 1791 et continua de prospérer au rythme de trois ou quatre réceptions chaque année jusqu’en 1797. Mais, dès cette année, elle subit une crise due aux répercussions des événements révolutionnaires. Ce sera la cession du Pays de Neuchâtel à la France, en 1806, qui ramènera le calme et réveillera la loge neuchâteloise.

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L’ésotérisme en Suisse : naissance de la Franc-Maçonnerie (2)

sceau_locleBien que fondé par les anglais , la jeune franc-maçonnerie helvète se verra très rapidement frappée d’interdiction

L’interdiction de la Franc-Maçonnerie ne fut pas cantonnée qu’à Fribourg. En effet, à peine for­mées, les loges de Genève et Lausanne se virent frappées d’inter­dit. A Genève, George Hamilton fut sommé par le Petit Conseil, le 5 mars 1736, de refuser l’entrée dans sa loge aux citoyens genevois. Lorsque, l’an­née suivante, Hamilton fut nommé Grand Maître Provincial des loges de Genève par la Grande Loge de Londres, ce qui l’autorisait à fonder d’autres loges, les autorités religieu­ses de la ville intervinrent auprès des pouvoirs publics et le Conseil des Deux-Cents, par décision du 8 sep­tembre 1744, ratifia l’interdiction de la Franc-Maçonnerie à Genève. En effet, les gouvernements conserva­teurs de Genève et de Berne (qui coif­fait Lausanne) goûtaient aussi peu que Fribourg les idées sociales nou­velles qui couraient dans les Loges. Malgré l’interdiction, la Franc-Maçonnerie genevoise n’en continua pas moins de prospérer. Une des loges, l’Union, créée en 1768 (qui adoptera en 1806 le titre d’Union des Coeurs et est toujours active aujour­d’hui), se distingua par sa manière sérieuse de travailler, ce qui incita bon nombre de personnalités à y adhérer. C’est ainsi qu’elle eut l’occasion d’ini­tier, le 5 août 1789, le prince Edouard, duc de Kent, fils de Georges III d’Angleterre et père de la future reine Victoria. Il devint d’ailleurs, en 1813, Grand Maître de la Grande Loge d’Angleterre.

Le nombre grandissant des loges les incita pour la première fois à se regrouper en une Grande Loge Nationale de Genève, constituée le 24 juin 1769, qui rassemblait neuf loges. L’Union y adhérera en 1776. A noter que la loge La Discrétion de Zurich, alors unique loge de cette ville, en faisait également partie, car, créée en 1771, elle avait reçu sa patente de fondation de la Grande Loge Nationale de Genève.

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