Au Soleil ardent de Fulcanelli, il convenait d’avoir son répondant sous sa forme lunaire et ce répondant fut l’artiste peintre et accessoirement saltimbanque, Jean-Julien Champagne.
Jean-Julien Champagne, Pierrot lunaire, tireur de ficelles au théâtre d’ombre. Jean-Julien Champagne fut manifestement l’homme de l’ombre et emporta avec lui une partie des mystères liés à l’oeuvre de l’Adepte. Nous ne referons pas sa biographie car elle a été abondamment commentée ici et là, mais nous nous attacherons plutôt à sa face sombre et « lunaire » sans toutefois dénier le fait que c’était un remarquable illustrateur et aquarelliste.
Esprit d’une curiosité insatiable il eut l’occasion de rencontrer le tout Paris ésotérique de l’époque.
Eugène Canseliet, relate dans sa dernière préface au Mystère des cathédrales, en 1964, que Jean-Julien Champagne rencontra Fulcanelli dans le courant de l’année 1905, sans en préciser toutefois les circonstances.
En 1907 il rentre en relation avec la célèbre famille de Ferdinand de Lesseps demeurant avenue Montaigne à Paris, dans un somptueux hôtel particulier. L’un des fils, Bertrand, était féru d’alchimie et, peu de temps après leur rencontre, il invita le jeune peintre à venir loger et travailler dans le petit laboratoire aménagé rue Vernier dans un local appartenant à son frère Ferdinand-Jules. Officiellement, il était employé par Bertrand de Lesseps à des travaux de dessin industriel ainsi qu’à la conception d’une hélice turbo-propulseur ; en réalité, il s’adonnait à percer le mystère du Grand Œuvre alchimique afin d’en tenter l’élaboration. Sous ce couvert, Jean-Julien Champagne a pu oeuvrer là à loisir jusqu’en 1917 tout en s’échappant de temps à autre, pour le compte de ses amis libraires-éditeurs Chacornac. Sa tâche consistait à récupérer des ouvrages anciens et rares, spécialisés dans l’occultisme, qui provenaient de bibliothèques de province. Il devait ainsi se rendre parfois sur les lieux afin de les consulter pour juger de son choix et en faire une recension auprès des clients éventuels.
Toujours selon Eugène Canseliet, en 1910, Fulcanelli l’employa à son service comme coursier ainsi que pour effectuer des tâches d’ordres divers. Jean-Julien Champagne faisait la navette entre Paris et Marseille tout en travaillant pour les Lesseps, à la mise au point du propulseur pour un fameux « traîneau à hélice » (au destin particulier puisqu’il finira en Russie !) La Première Guerre mondiale, avait éclaté quelques mois plus tôt et comme par hasard Jules Violle venait d’être nommé au poste très convoité et très sensible sur les armes nouvelles afin de coordonner la recherche scientifique pour l’armée !…
C’est ainsi qu’à l’invitation de Bertrand de Lesseps, Jean-Julien Champagne logea avenue Montaigne, afin de parvenir à la réalisation du fameux « traîneau à hélice ». Pour ce faire il percevait à cet effet une rémunération régulière sous forme de rente. (Cahier no 5 séparé ou livré avec l’album photos)
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