Sainte Barbe Arcane XVI


Sainte Barbe ou la Tour foudroyée

Si on en croit l’histoire, Barbe, qui vient de Barbara, était une jeune vierge martyrisée en Asie Mineure au III ème siècle. C’est le seul point avéré de l’histoire de Sainte Barbe, pour le reste, il existe plusieurs versions dont la plus célèbre date du Moyen-âge. Selon la légende populaire, Sainte Barbe était passionnément aimée par son père qui lui construisit une tour dans laquelle elle vécut à l’écart des hommes.

Sainte Barbe est associée au feu et au foudroiement de la Tour : la légende de Ste Barbe et son martyr est à la source de l’Arcane XVI

Durant une absence de son père, Barbe se convertit à la religion chrétienne et fit percer sa tour d’une fenêtre en forme de croix. A son retour, le père furieux la livra au juge

Déesse du feu et gardienne de la Maison Dieu. Qui connaît sainte Barbe reconnaît là sa tour à trois fenêtres et l’évocation explicite de la décapitation et de la foudre met cet arcane en lien direct avec sa légende. Ici c’est la tour qui est décapitée. Un bref passage en revue des teintes éclaire sur la teneur de la tour : elle est couleur chair, et son crénelage est une couronne. Allégorie du corps, ou plus exactement de la condition de l’âme incarnée, la tour vient de subir la décollation, et les particules d’eau, d’air et de feu s’échappent de l’athanor et se répandent, résidus de la transmutation, tandis que s’opère la connexion avec l’énergie feu du ciel, symbolisée par la foudre, panache flamboyant reliant la tour débarrassée de sa crête mais toujours pourvue de ses trois fenêtres. L’être humain est figuré comme naissant de cette tour : un premier sortant la tête vers le bas tel un nouveau-né sortant du corps de sa mère, et un second, qui n’est en fait que le même, ayant gardé la posture inversée de la naissance, qui va désormais pieds en haut et tête en bas. Cet arcane est une image de renaissance issue de la transmutation opérée dans la tour aboutissant à l’inversion. » L’être demeure sur terre mais les pieds vers le ciel ; il « ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. » Le renversement ne signifie pas ici l’inversion d’une direction. Ce n’est pas un flux de A vers B qui s’orienterait désormais de B vers A (bien que le nom BArBArA nous y invite, et marque lui aussi l’inversion par l’alphabet). Ici, l’image du bouleversement signifie que l’être humain s’est retourné (ou re-né par la tour, peut-on entendre), et ainsi qu’il a retrouvé la posture initiale de sa connexion au divin. Le flot de l’énergie circule avec fluidité entre le ciel et la terre, la terre et le ciel. L’inversion signale que l’être est connecté à l’Énergie, que le retour au grand Tout est effectif et qu’il en a la maîtrise, à l’inverse de l'(état d’) être ordinaire. Le bouleversement, ou inversion, est une idée force de l’arcane XVI (X=jonction du ciel et de la terre V= par la réception des énergies célestes I= dans l’axe/par la foudre). XVI correspond également à l’âge de Barbara dans la légende.

Source et documentation : voir le livre d’Alexandrine Magdala VAYSSAC, Ste Barbe, de la Tour à la Foudre aux éditions du Cosmogone


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